Kinshasa : le « monolithe » de la farce du bourgmestre

Article : Kinshasa : le « monolithe » de la farce du bourgmestre
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18 février 2021

Kinshasa : le « monolithe » de la farce du bourgmestre

Le début de cette année a enregistré plusieurs apparition mystérieuses du monolithe sur le continent américain et en Europe. Le dernier en date vient d’apparaître à Kinshasa. Attention, c’est juste un trompe-l’œil.

Le monolithe vraisemblable à Kinshasa

La ville de Kinshasa est en proie à une affaire de monument extraterrestre, ou encore franc-maçon… Des images de ce qui est qualifié comme tel circulent sur les réseaux sociaux depuis lundi 15 février dernier. Quelques kinois, fans du buzz, se sont précipités pour prendre une photo avec l’objet mystérieux.

Mais, c’est juste un monolithe d’environ cinq mètres de hauteur, retrouvé sur la place Bakayau, dans la commune de Bandalungwa. Malheureusement, cette œuvre a été sauvagement détruit par la population kinoise ce mercredi 17 février. Une affaire qui a passionné les médias locaux et tient en haleine la webosphere.

Interrogé par la presse locale, Thierry Gaibene Baylan, le bourgmestre de la commune de Bandalungwa s’est dit surpris, tout en affirmant avoir pris connaissance de ce mystérieux obélisque en métal sur les réseaux sociaux. Toute honte bue, il annonce que l’objet extraterrestre devrait être protégé et qu’il allait faire de cet endroit un lieu touristique.

Bourgmestre de la commune de Bandalungwa, © cellule de communication de la commune

En effet, le scepticisme continue à régner malgré sa déclaration. Un Wewa, conducteur de moto à Kinshasa, contredit la version du bourgmestre. Pour lui, « un gros trou » aurait été creusé le samedi avant qu’un métal massif y soit enfoui à l’aide d’une grue ».

Cette affaire alimente les spéculations les plus folles. En adeptes de la superstition, quelques « pasteurs » parlent déjà de la fin du monde, d’autres dénoncent le complot des francs-maçons contre la RDC. Les mots vont dans tous les sens. Les théories apocalytico-conspirationnistes vont bon train.

Cette question vallait son pesant d’or. Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, n’y va pas par quatre chemins. Lors de sa descente sur le terrain, toute la vérité est dite. « Le monument apparu à Bandal n’est pas un de ces fameux monolithes mystérieux aperçus dans plusieurs pays. Il a été placé par le bourgmestre pour faire la publicité de Bandalungwa », a-t-il confié.

La population ne décolère pas

Toutes ces théories n’ont pas été les bienvenues pour la population qui se considère comme le dindon de la farce. Suivant les vidéos qui circulent, les kinois dénoncent les pratiques francs-maçons exportées par les autorités.

Si celui de Toronto a été vandalisé avec des graffitis tracés à la peinture rouge, l’esprit kinois choisi les moyens durs. Réduire en cendre ce métal battu.

Monolithe détruit, © Daniel Alloterhembi

Un monolithe, c’est quoi ?

Un monolithe (du grec μόνος / mónos, « un seul », et λίθος / líthos, « pierre[1] ») est un bloc de pierre massif, constitué d’un seul élément, naturel ou taillé. Il est parfois monumental, voire de très grande dimension. L’architecture monolithe (ou monolithique) est une construction réalisée dans un bloc unique d’un seul matériau, et l’industrie lithique désigne l’ensemble des objets en pierre taillée par les humains.

L’histoire du monolithe dans le monde

L’étrange structure a déjà surgi puis disparu sous d’autres cieux. Le premier édifice de ce type a été découvert dans le désert de l’Utah. Les apparitions se sont succédées à travers le monde, au sommet de la colline de Batca Doamnei, dans la ville de Piatra Neamnt, en Roumanie, sur une plage de l’île de Wight, au sud de l’Angleterre, aux Pays-Bas sur un terrain privé à proximité de la réserve naturelle du Kiekenberg, dans la province de la Frise, ou encore sur une berge en Pologne.

Une farce mal imaginée

La paternité de la structure n’est pas encore revendiquée, mais plusieurs images de l’atelier d’artistes qui ont travaillé sur cet objet gagnent les réseaux sociaux. J’imagine leur grincement de dents.

Si pour Jean-Luc Lagardère, « la communication est une science difficile qui s’apprend et se cultive », la cellule de communication du bourgmestre n’intériorise pas cette notion. Finalement, elle place l’autorité dans de sales draps. Ils ont tout simplement ignoré que dans « la communication, le plus compliqué n’est ni le message, ni la technique, mais le récepteur » (Dominique Wolton). C’est une communication ratée du bourgmestre qui réduit en cendre cette œuvre d’art. Bref, dans tout ça, il y a une leçon à retenir, les Kinois n’aiment pas la foutaise.

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