Avortement : « fetuses lives matter » – la vie des fœtus compte –

Article : Avortement : « fetuses lives matter » – la vie des fœtus compte –
8 juin 2020

Avortement : « fetuses lives matter » – la vie des fœtus compte –

Illustration sur l'avortement du fœtus
Illustration sur l’avortement, Avec l’aimable autorisation de ©Chika Onuu

“Il n’est pas question que je portes cette grossesse. Mon père va me tuer. Demain, j’irai voir le médecin pour avorter ! », annonce Evelyne [Prénom d’emprunt] à son copain. A cette mauvaise nouvelle, la conversation tourne à l’aigre. Jean [Prénom d’emprunt] est catégorique, plus question d’avortement, « Tu vas mettre au monde ». Naissance ou avortement ? Devant ce choix, que décider ?

Ces grossesses indésirables, fruits du laxisme parental, sont légions en République Démocratique du Congo (RDC). Beaucoup de jeunes filles, âgés de 13 à 16 ans, sont soit mères célibataires ou ayant avorté. L’exemple d’Evelyne n’est donc pas un cas isolé à Kinshasa. Il est fréquent d’apprendre qu’un médecin serait poursuivi pour avoir pratiqué l’avortement. Il est difficile d’obtenir des chiffres exacts. Par ailleurs, on estime que chaque mois des dizaines de milliers d’adolescentes parviennent à se faire avorter.

Pourtant, l’arsenal juridique de la RDC est clair. Dans l’article 166 du code pénal, « la femme qui volontairement se sera fait avorter à une servitude pénale [peine de prison] de cinq à dix ans ». Un peu plus haut, l’article 165 stipule que « celui qui, par aliments, breuvages, médicaments, violences ou par tout autre moyen aura fait avorter une femme, sera puni d’une servitude pénale de cinq à quinze ans ».

Source de revenus pour les charlatans

Dans mon quartier, je connais un docta (Médecin dans le langage kinois) qui serait l’un des meilleurs dans cette pratique. Pour lui, c’est de l’eau à boire. Récemment mis aux arrêts, il pratique les avortements illégaux, “clandestins”, qui se soldent le plus souvent par diverses complications et parfois même la mort. Déjà, cette pratique s’effectue dans de conditions hygiéniques qui laissent à désirer. Ce qui importe plus pour les charlatans médecins c’est de l’argent.

Des parents, généralement les mères, censés prêcher par l’exemple, payent pour que leurs filles adolescentes subissent un avortement dans le secret absolu. Pour se faire, ils sont prêts à payer n’importe quel prix pour s’en sortir. Cela n’est guère surprenant ! « C’est une question d’honneur familiale », défendent-ils.

A cause de ce prestige familial à préserver, Evelyne, déjà cité en introduction, est allée se faire avorter. En complicité avec sa mère, elles s’arrangent pour payer  les 50 USD au médecin. Oui, le prix peut aller jusqu’à 100 USD.

Quand je me souviens que les hommes de médecine, de blanc vêtus, font un serment d’Hippocrate (ou plutôt d’hypocrite), j’ai la nausée.

« Je ne remettrai à personne du poison si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion; semblablement, je ne remettrai à aucune un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai dans l’innocence et la pureté.” Juste des paroles en l’air ?

Méthodes dangereuses pour des conséquences fâcheuses

Sur le plan physique, les filles qui avortent risque la mutilation, la stérilité et même la mort. Elles sont disposées à appliquer toutes méthodes ou breuvages, au risque de provoquer des hémorragies pouvant se révéler mortelles. Il y a des pratiques sauvages telles que s’introduire des cuillères surchauffées dans le sexe afin d’évacuer leur bébé. Mais euh…Tout ceci, c’est à vos risques périls. Ça peut être dangereux allant jusqu’à provoquer des infections, des ulcères et même ôter la vie de la mère.

Un de mes amis médecin m’apprend que certaines femmes jouent à l’automédication. Elles usent par exemple d’une purge des feuilles traditionnelles macérées qu’elles introduisent dans le sexe. Le permanganate de potassium ferait aussi l’affaire pour d’autres…

En plus, il y a aussi l’effet moral ou psychologique à prendre en compte. L’ouvrage Régulation des naissances dit à ce propos : “Sans aucun doute, pour beaucoup de femmes, l’avortement est une expérience traumatisante. En dehors de toute considération d’ordre religieux, l’idée de mettre fin à une vie, ou du moins à la promesse d’une vie, a quelque chose de révoltant.”

En outre, il existe des risques d’hémorragie, d’infection, d’échec, d’effets secondaires des différents traitements médicamenteux, des risques de perforer l’utérus, hémorragie, risque accru de cancer du sein… Il sied de signaler que, environ 3 à 5 % des femmes qui ont avorté souffrent de stérilité. Une étude confirme que l’avortement est beaucoup plus risqué que l’accouchement.

Les médias et de nombreux experts de la santé ne sont pas catholiques à ce sujet. Ils essaient de jeter un voile sur les risques pour la santé que pose l’avortement parce que, une fois le pot aux roses serait découvert, cela découragerait les femmes de recourir à cette pratique.

L’avortement, un crime ?

Sous réserve d’une contradiction prouvée, la vie débute lors de la conception. C’est-à-dire à la fusion des 23 chromosomes du spermatozoïde avec ceux de l’ovule. Dès cet instant, une nouvelle vie est conçue. Par conséquent, la mère et le bébé deviennent deux individus génétiquement distincts. D’où, ce fœtus deviendra un homme ou une femme adulte si on lui permet de se développer.

D’ailleurs, en biologie moléculaire on sait que le fœtus reçoit son patrimoine génétique d’ADN et d’ARN au moment de la conception, personne parmi les plus éloquents scientifiques du monde ne peut changer ce fait. Il ne fait aucun doute que, à partir de ce moment, le fœtus ‘vit’, mais de façon spéciale et exceptionnelle. Cette cellule vivante respire et déglutit. 

Par conséquent, la destruction d’un enfant à naître est un meurtre si on s’en tient à cette vision des choses. Donc, sous silence, les médecins tuent plus de congolais dans l’utérus que n’en ont fait périr la guerre de l’Est du pays. 

Il y a certes les mouvements féministes qui réclament à cor et à cri le droit d’avorter néanmoins, croyez-moi, ni moi ni aucun homme ne pourra jamais appréhender l’angoisse et la douleur qu’éprouve la femme lorsqu’elle se débarrasse d’un fœtus.

Bref, l’assouplissement des lois sur l’avortement gagne du terrain à Kinshasa, mais personnellement on ne l’encourage nullement… En tant qu’humaniste je sais qu’un fœtus vit et j’en éprouve un respect mêlé de crainte pour cette vie. Voilà pourquoi j’en appelle à la campagne « fetuses lives matter » – la vie des fœtus compte –

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